Reputation

Protégez l’e-réputation de vos enfants

Je reprends le titre de l’article paru hier sur France Soir (que je vous recommande de lire) où j’ai donné mon avis sur la protection de l’e-réputation des adolescents sur le web aux côtés de Stéphane Grégoire, juriste au Forum des droits sur l’Internet.

Je tiens à dire, qu’avec le nombre considérable de publications (plus ou moins pertinentes) parues sur le sujet de l’e-réputation dans la presse traditionnelle, j’ai pris un réel plaisir à répondre aux questions ci-dessous dans le but de sensibiliser et d’éclairer, à mon humble endroit, les parents et les adolescents que cet article croisera.

Voici l’intégralité de mon interview. Très bonne lecture!

Question 1: Depuis plus d’une décennie, le web a pris une importance considérable dans la vie des Français. A tel point que l’on trouve des informations en tous genres sur un particulier. L’e-réputation est-elle vraiment contrôlable ?

=> Définissons d’abord l’e-réputation qui n’est autre que la somme des éléments numériques existants en ligne sur une personne (physique ou morale). Ces éléments sont composés de nos propres traces laissées délibérément (photos, commentaires sur les blogs et forums…) et des citations d’autrui à notre sujet. Ainsi, l’on peut contrôler ce que nous disons de nous même et difficilement contenir les avis et commentaires d’autrui.
Le vrai contrôle est le contrôle de soi même car une fois que les données sont publiées en ligne, il est très difficile d’effacer les traces.

Question 2: Vis-à-vis des enfants, dévoreurs de réseaux sociaux, doit-on faire plus de prévention pour qu’ils comprennent qu’une mauvaise e-réputation peut faire des ravages, notamment pour leur avenir professionnel ?

=> Il est certain que le meilleur moyen de protéger l’e-réputation des enfants est la prévention. Prenons l’exemple d’un adolescent de 15 ans qui publie des propos ou des images compromettantes. Dans 3 ans, il sera déjà sur le marché du travail pour un stage ou un job d’été. Sachant que les recruteurs ont, de plus en plus, recours aux recherches en ligne pour en savoir plus sur leurs futurs employés ou stagiaires, ce même adolescent pourra être exclu des personnes à contacter si les propos ou les images postés il y a 3 ans sont remontées par les moteurs de recherche.

Question 3: Quels conseils donneriez-vous à un parent souhaitant contrôler l’e-réputation de son enfant ?

=> Un parent ne pourra pas contrôler directement l’e-réputation de son enfant. Il pourra, dans un premier temps, le sensibiliser aux dangers d’une surexposition sur le web social et dans un deuxième temps, avoir le réflexe de paramétrer des « alertes Google » par exemple pour remonter les nom, prénom, pseudo… de son enfant à chaque fois qu’ils sont cités en ligne.

Question 4: Quelles sont les actions les plus efficaces pour faire disparaître ou « noyer » des données « dérangeantes » sur Internet ?

=> Avant de tenter de « noyer » les données dérangeantes, il est possible de contacter directement les personnes ou services qui hébergent ces données et leur demander de les supprimer.
Dans tous les cas, il est toujours possible de mettre en avant des informations positives à son sujet en créant des profils « vierges » sur les médias sociaux (réseaux sociaux, blogs, sites interactifs…)  et bien penser sa présence et ses actions en ligne.
L’image positive que va engendrer une présence et des actions réfléchies l’emportera avec du temps sur l’image négative perçue à travers les données dérangeantes.

Question 5: Enfin, que pensez-vous des sociétés qui proposent de « gérer » la réputation d’un particulier sous forme d’abonnement payant ? Serait-ce une solution efficace pour un ado souhaitant changer son image numérique ?

=> Il faut avoir à l’esprit que ces entreprises ont une obligation de moyen et non de résultat. Par conséquent, leurs actions de « nettoyer » votre réputation en ligne peuvent ne pas aboutir.
La solution (est ce n’est pas l’unique) pour un adolescent qui souhaite gérer et changer son image numérique est de multiplier ses profils sociaux de manière ciblée et réflechie en publiant du contenu qui intéressera son réseau de connaissances. Ceci va estampiller à la longue la perception écornée dans le passé.

N’hésitez pas à partager ces conseils autour de vous!

Crédits photo de garde http://www.flickr.com/photos/freeyoursoul/3517766725/

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6 réflexions au sujet de « Protégez l’e-réputation de vos enfants »

  1. Joel

    Merci pour cet article très intéressant.

    « Il faut avoir à l’esprit que ces entreprises ont une obligation de moyen et non de résultat. »
    Effectivement, c’est le cas de la plupart des agences de e-réputation, car ce type de prestation est complexe, mais ce n’est pas le cas de toutes! Certains spécialistes en nettoyage de e-réputation travaillent avec un engagement de résultat.

    Répondre
  2. Patrick

    Bonjour,

    Vous mentionnez les recruteurs et le fait qu’ils vont voir les profils Facebook de candidats. Il faut savoir qu’il y a depuis quelques temps un code de déontologie établi par le syntec, qui stipule précisément qu’un recruteur ne doit pas examiner une candidature via son profil sur des outils de réseaux sociaux. Cela revient à faire de la discrimination et ne constitue pas un argument concret pour écarter un candidat.
    P.

    Répondre
    1. amalbel Auteur de l’article

      Merci Patrick pour ce complément d’information.

      Ceci dit, je vois mal un recruteur se plier à ce code de conduite à l’ère du « Social », si ce n’est que par excès de curiosité.

      Selon moi, une plateforme comme Facebook (ou Twitter dans certains cas) sert avant tout à assouvir des besoins d’exhibitionnisme et de voyeurisme inhérents à la personnalité de chacun et dont les jeunes sont les premières victimes.

      L’interface blanche et « angélique » de Google ne nous incite-t-elle pas à en savoir un peu plus?
      Les recruteurs ont vite adopté le réflexe de « requetter » les moteurs de recherche sur le nom d’un candidat, une suite logique à la surexposition (généralement non contrôlée) des personnes (notamment des jeunes) sur les réseaux sociaux.
      Peut être que la jurisprudence nous éclairera un peu plus les années à venir!

      Répondre
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